L'Impératrice Eugénie aurait-elle participé à un flash-mob ?
La question mérite d’être posée :
Aurait-on pu imaginer Sa Majesté l'Impératrice participer à une initiative aussi inattendue qu’un flash mob ?
À bien y réfléchir, la réponse est probablement oui.
Nous parlons d’une femme jeune, volontaire et profondément moderne pour son époque. Une femme qui n’hésita pas à se rendre auprès des victimes du choléra, à organiser les secours pendant les guerres, à servir comme infirmière sur le front de la Première Guerre mondiale, à adopter avec curiosité les innovations techniques de son temps, et même à partir jusqu’au Royaume Zoulous (l'actuel Afrique du Sud) pour retrouver seule le corps de son fils...
Courageuse, intrépide, indépendante, aventurière : telle était l’Impératrice.
Et pour ceux qui penseraient : « Certes, mais elle n’aurait jamais dansé ainsi », rappelons quelques épisodes révélateurs de son tempérament.
Après son ascension du Puy de Dôme, elle célébra son exploit en se mettant spontanément à danser devant toute sa cour. Aux Palais des Tuileries, on la vit également danser seule, s’accompagnant elle-même de castagnettes.
Cette spontanéité joyeuse lui ressemblait parfaitement.
Alors imaginons la scène.
Sa Majesté l’Impératrice déambule dans les rues de Vichy. Une musique entraînante parvient à ses oreilles. Elle sourit. Séduite par le rythme, elle commence à danser seule. Peu à peu, les membres de sa suite la rejoignent. Puis les personnes alentour, entraînées par son enthousiasme, se mettent elles aussi à danser.
En quelques instants, tout un cercle de spectateurs devient acteur.
N’est-ce pas, au fond, l’esprit même d’un flash mob ?
Et surtout, n’est-ce pas un hommage fidèle à la personnalité d’Eugénie : libre, audacieuse, élégante et capable d’entraîner les autres dans son élan ?
Si l’Impératrice revenait aujourd’hui parmi nous, il est fort possible qu’elle soit la première à esquisser quelques pas… et à inviter toute la ville à la suivre.
Comme ce flash mob a été conçu ?
Ce flash-mob se veut un hommage aux trois danses les plus emblématiques du Second Empire :
le quadrille français, le quadrille des lanciers et la polka !.
Comment cela va-t-il se passer ?
Une fois le samedi et une fois le dimanche, au cours de la promenade de Sa Majesté l’Impératrice dans le parc de Vichy, une musique soudainement retentira.
Séduite par cet air entraînant, Sa Majesté se laissera porter par son tempérament spontané et commencera à danser seule.
Peu à peu, les personnes présentes autour d’elle entreront dans la danse.
D’abord quelques membres de sa suite, puis d’autres danseurs, puis les promeneurs eux-mêmes, qui seront invités à rejoindre ce mouvement collectif. Certains interviendront au moment des passages en solo, d’autres lors des figures en couple, jusqu’à ce que, progressivement, tous les participants se retrouvent réunis dans une même chorégraphie.
Ce qui avait commencé comme un geste spontané de l’Impératrice deviendra alors une grande danse collective, rassemblant danseurs, reconstituteurs et spectateurs dans un même élan de joie et d’élégance.
En quelques minutes, les allées du parc se transformeront en un véritable bal impérial à ciel ouvert.
Puis, comme toute apparition magique, la musique s’achèvera, chacun reprendra naturellement sa promenade, et il restera aux spectateurs le souvenir d’un instant inattendu, festif et profondément évocateur de l’esprit du Second Empire.
Ainsi, deux fois au cours du week-end — une fois le samedi, une fois le dimanche — les visiteurs pourront assister à ce moment unique où, à l’initiative de l’Impératrice, tout un public sera entraîné dans la danse.
Quelle chorégraphie pour cela ?
La chorégraphie commence comme la figure de l'été du quadrille français, tous dans la même direction que l'Impératrice :
- 8 temps : en avant (droite gauche droite "et") en arrière (gauche droite gauche "et") commençant du pied droit
- 8 temps : coquette à droite (3 pas chassés vers la droite et joint) puis coquette à gauche (3 pas chassés vers la gauche et joint)
la chorégraphie continue avec un balancé de la figure du pantalon du quadrille français
- 2 temps : pied droite en avant, pied gauche demi pointé à côté, joint droit
- 2 temps : pied gauche en arrière, pied droit demi pointé à côté, joint gauche
- 2 temps : pied droite en avant, pied gauche demi pointé à côté, joint droit
- 2 temps : pied gauche en arrière, pied droit demi pointé à côté, joint gauche
la chorégraphie poursuite avec un balancé de la figure du tiroir du quadrille des lanciers
- 4 temps : double à droite (pied droit à droite, joint gauche, pied droit à droite, joint gauche sans poser)
- 4 temps : double à gauche (pied gauche à gauche, joint doit, pied gauche à gauche, joint doit sans poser)
la chorégraphie se prolonge avec une transition en pas de polka pour aller chercher une personne de son choix (un cavalier ou une dame... bref un partenaire)
- 2 temps : une polka pied droit en avançant (droite, chasse, droite)
- 2 temps : une polka pied gauche en avançant (gauche, chasse, gauche)
- 4 temps : 4 pas marchés si l'on est une personne cavalière, ou 3 pas et un joint du gauche si l'on est une personne cavalière
la chorégraphie se termine avec huit polkas, avant de recommencer du début
- 16 temps : 8 polkas en couple fermé
Une vidéo de démonstration est présente un peu plus bas sur cette page...
Sur quelle musique ?
La musique est un montage d'après une saint-simonienne de quadrille français, composé par Johann Strauss junior en l'honneur des personnes les plus influentes du monde des affaires de l'époque tout en rendant indirectement hommage à Georges Friedrich Haendel dont on fêtait l'anniversaire en 1859...